mardi 19 août 2008

Incipit.

tille qui coeperat: "Ne" inquit "istud mendacium tam verum est quam siqui velit dicere magico susurramine amnes agiles reverti, mare pigrum conligari, ventos inanimes exspirare, solem inhiberi,lunam despumari, stellas evelli, diem tolli, noctem teneri."



Ce blog comme dit l'abbé, étant "Margaritas ante porcos...."

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Quatrième Entretien


Félix Niesche: Vous voyez,Monsieur l'Abbé, nulle amertume dans Taedium Vitae .
L'Abbé Tymon de Quimonte: Sans doute, mon fils, mais lassitude, taedium vitae justement. Quand le Dégoût que nous avons pour le monde n'est pas un effet de la Grâce, mais de cette mélancolie clairvoyante, il nous ramène bien à nous mêmes, mais ne conduit point vers Dieu.
F: L'Abbé, que vous êtes bonnet de nuit en ce moment, je vous connais autrement plus mystique moins moralisant. Au delà de ma lassitude, j'ai voulu entrer dans l'étude, dans la comparaison( qui n'est pas raison), entre l'amour, viscéral, de la femme et celui, sidéral, du poète, et qui sont sur des plans aussi différents que le cygne, volatile, et Le Cygne, constellation Stellaire.
L'Abbé:Le cygne, un gracieux palmipède grégaire, mais le Cygne, qui le voit qui le connaît?
F: Vous avez remarqué, L'Abbé, le palmipède ailé avec lequel j'ai illustré mon chef d'oeuvre? Ne dirait-on un Ange du Paradis?
L'Abbé: Je ne possède pas sur ce sujet, les anges, la science de Jacobus de Terramo,de l'Abbé Pascal, ni de Saint Innocent VIII , auteur de la Bulle" Summis desiredantes affectibus"....
F:Ah ouais, c'est assez léger de votre part l'Abbé....
L'Abbé:mais je sais au moins une chose: c'est que cet Etre Céleste doit rendre visible à l'âme ce que l'opacité du monde sensible lui dissimule? Or, il me semble, sans vouloir me montrer à nouveau bonnet de nuit et sans vouloir présumer ce qu'une pareille créature élève en vous , que les seules choses qu'elle rend visibles sont...celles qu'elle ne dissimule point.
F:N'est-ce pas? En tout cas, si tous les anges étaient ainsi, en string...
L'Abbé: Pour l'amour de Dieu, mon fils, plus de strings..
F: Encore mieux! donc dissertais-je, disert, si tous les anges lui ressemblaient il y aurait pléthore de vocations... au fait, Monsieur l'Abbé, comment en êtes vous arrivé là, vous mêmes, sauf votre respect ..
L'Abbé: Le respect n'est pas ce qui vous étouffe en ce moment , mon fils, mais pour ne pas éluder, disons qu'en premier lieu lorsque l'on se nomme Tymon de Quimonte, on ne peut faire moins que de se faire abbé.
F: Celà est vrai. Et puisque vous aimez les angelots célestes, en voici un autre, là haut.
L'Abbé:Quel charmant enfant et que son sourire l'est, célèste.
F: C'est aussi celui de sa Maman... Et vous-même l'Abbé, à part votre serviteur, votre fils préféré, vous avez des enfants?
L'Abbé:Et vous-même, mon fils inique, allez vous cessez de faire l'enfant, avec vos infantiles enfantillages enfantins :tous les pècheurs sont mes enfants!
F:Pauvres chasseurs, méprisés,orphelins...
L'abbé:..pècheurs non pas pêcheurs mon fils!
F:Pour moi, mes poèmes seuls sont mes enfants! Que personne ne lit, que personne n'aime..
L'abbé: Mais qui pourrait vous lire,de nos jours, oû plus personne ne sait lire? Ne vous l'avais je dit lors d'un précédent entretien que le Kali-Yuga, est une époque fatale aux natures comme la vôtre. Car vous appartenez de race, de race spirituelle s'entend, à l'Ordre Ancien, la Tradition, oui même un anarchiste comme vous..
F: Je suis un anarchiste façon Antonin Artaud "parce que j'aime tellement l'Ordre que je n'en supporte pas la parodie". Ce monde est une parodie de monde, une caricature grotesque ,un cauchemar rêvé par un nazi idiot en mille neuf cent trente-trois. Chacun s'ingénie à ressembler à la pire caricature que l'on faisait alors de sa communauté, de son genre, de sa religion, de sa race, de ses penchants sexuels. Il est impossible d'être pitoyable pour quiconque, les plus minables sont les plus abominables, d'une succeptibilité pathologique, pourris de ressentiment, on n'exige pas de nous que nous soyons égalitaires, fièrement nous l'étions, mais bienveillants, révérants, repentants, un appareil de lois toutes plus infâmes, toutes plus extravagantes vise à nous y contraindre. Cette époque est une époque fausse, une parodie, cette socièté n'aurait jamais dû être, elle n'a pas le sceau du réel. Nous sommes tombés dans un trou noir du Temps, une impasse du continuum espace-temps, un univers- égôut dans une dimension improbable....
L'abbé: Mon fils, on ne peut opposer ce qui aurait dû être à ce qui est. Tout est indissolublement lié, la Réalité et l'Idée, et ce qui est, est ce qui doit être, et si ce qu'il y a, la réalité, est si contraire à l'idée du Vrai, du Bien, du Beau, celà a un sens, car les Temps ne sont pas achevés. Le Fondement des choses est un résultat. Le sens viendra plus tard.
F:Hégélien en diable l'abbé! Si je vous suis bien, le string est dans le fondement car le fondement du string c'est de l'avoir dans le cul..
l'abbé: ..De grâce, mon fils... ceci dit, en bonne téléologie, avec le string, l'Histoire reviendrait vers le Fondement, puisqu'on le voit!
F:Trés drôle l'abbé. Pourtant à l'époque, bénie, de la Culotte, la raison d'être du monde était encore la quête des fondements.. Mais quelle est la raison d'être de ce monde?
l'abbé: Il est un résultat qui n'a pas de cause efficiente, il ne réalise aucun but préalable; il n'est qu'approfondissement de la Chute.. L'Apparaitre de l'Univers se produit, ce ne peut être qu'en vertu d'une Nécessité absolue. Mais je vous concède ceci que le Tout, Dieu, Seul est réel. Or, on ne peut concevoir jamais le Tout. Donc ce qu'on voit peut passer pour un spectacle irréel.
F:Pour vous la Nécessité fait le fond des choses: cette époque est dissolution mais elle aurait sa raison d'être. Pas d'accord. Tout est absurde et contingent, tout aurait pu être tout autre chose et celà aurait eu tout autant de sens.
L'abbé: De tout ce que vous pensez aujourd'hui au Nihilisme, il n'y a qu'un pas.
F:J'en serais au désespoir.
L'Abbé:de quoi? de reconnaître votre vérité? Car apparemment vous ne vous laisseriez pas convertir par une doctrine pour vous entâchée de fausseté.
F:Toute doctrine l'est nécessairement. Je méprise toutes les doctrines.
L'abbé:Ce qui n'est pas pour peu dans votre isolement! A paris il faut être d'un parti, d'une côterie si l'on n'est pas d'une"communauté". En attendant, cette surrection de votre esprit est vaine, car votre vision est dépourvue de toute échappatoire. Si nous sommes dans ce Trou Noir, nous y sommes faits comme des rats. Nulle fuite hors de cette bolge puante: elle est tout ce qu'il y a. Or, tout est miraculeusement mauvais en ces sales temps: c'est sur cette "perfection"à rebours qu'il vous faut faire fond. Cet âge, le Dernier, l'Age Sombre, prévu et décrit par la Tradition, ira à son terme et finira, et avec lui le Temps qui est Chute dans la Matière. Elevons notre esprit au delà. Qu'en decà toute chose soit horrible et répugnante n'est-ce point nous aider à quitter joyeusement ce monde vers le royaume de Notre Père, notre Vrai Père? Nous délasserons alors nos coeurs exténués, notre conscience douloureuse, nos esprits humiliés...
F:Je ne crois dans nulle transcendance, je n'ai pas besoin des arrières mondes. Les hommes, mâles et femelles sont en train de se re-singer. Telle est la Chute: descente dans l'animalité. Ce spectacle, cette promiscuité est la plus abjecte de toute l'Histoire. Pourtant, l'Univers, un ciel d'été, la mer, me suffoque par sa déchirante splendeur. Je ne peux rien vouloir d'autre que sa beauté concrète et singulière. Ô , mon Père, j'aurais tant aimé la vie, en d'autres compagnies, en d'autres temps..
L'abbé:Mais ce ciel d'été avec ses étoiles admirables, cette mer de saphir,ces merveilleuses sources vous ne les voyez jamais, vous ne quittez jamais votre gourbi parisien. la Voie Lactée, les Galaxies, mais ce sont dans vos Traités d'astrophysique que vous les révéréz ,si les étoiles sont d'onyx c'est à cause de la rime mallarméenne en X, la Mer, avec votre mère, vous lui rendez visite une fois par an, l'été...Cette "Splendeur qui vous suffoque" mais mon enfant c'est la Nostalgie de votre Lointaine Patrie Véritable.. Ici bas, maintenant, c'est nous, nos oeuvres et ce que nous aimions plus que tout, la France, qui disparaissons, incompris, bafoués, solitaires, intestats.
F: Merci l'Abbé de me remonter le moral!
L'Abbé: je ne cherchais nullement à vous démoraliser mon Fils.
F:Ah bon! c'était bien imité...
l'abbé:Certes je n'ai pas, pauvre mortel, les clefs du Paradis, mais je voudrais vous faire pressentir,en dehors du tumulte de l'avilissante vie, l'Eternité, son grand calme immuable, son ample respiration cosmique, comme une mer infinie expirant à jamais nos tourments.
F: Le Nirvânah, quelques gouttes d'opium pour ce félix infelicidad.
L'abbé: Si consistant adversum mia castra, non timebit cor meum.
F: Amen.

samedi 19 juillet 2008

Taedium Vitae.Un Poème de Félix Niesche


Taedium Vitae

Rien désormais dont je m'éprenne
Le septicisme durcit mes veines
Vienne dés lors la vie sereine
Loin de nos peines et amours vaines.

*

Je céde au régne des Femmes
Le sceptre de ma frénésie
Et me veut seul ce dictame
D'être de leur joug dessaisi.

*

Déjà ma flamme se suffoque
Mourrai-je donc indifférent?
J'ôte sans regret la défroque
Du vieil amant au coeur errant.

*

Adieu! déesse au cou de cygne
Au cou de beaucoup de baisers
Autour duquel luisait l'insigne
De ma passion inapaisée.

*

Riviére d'etoiles d'onyx
Tombées de la Lyre et du Cygne
Dessus votre gorge de Nixe
Nymphe volage au coeur de cygne.

Félix Niesche

mercredi 25 juin 2008

Troisième Entretien

Félix Niesche:alors, Monsieur l'Abbé, les pantalons tombent jusque sur les tombes ,et il existe des strings de deuil on dirait.
L'ABBé Tymon de Quimonte: Mon fils, ces sempiternels clichés que vous vous délectez à afficher, sont autant d'épreuves pour notre modestie et pour la bienséance, et ne sont que des négatifs en ceci que nous sommes suffisamment assaillis par cette laideur, chacun en est incommodé, on n'en a pas de reste à répandre.
Félix: De pareils clichés, Monsieur L'Abbé, au propre comme au figuré, ces épreuves, preuve de l'abaissement généralisé (des pantalons), sont pourtant la norme , la menu monnaie courante, je ne les répands pas je les divulgue pour l'édification de nos lecteurs, internautes du monde entier et au delà.
L'Abbé: Cette monnaie-courante comme vous dîtes, mon fils, vous révulse et vous navre car elle démonétise définitivement le peu de cette féminité originelle qui subsistait, et que vous adoriez peccamineusement, il n'est que de lire vos diatribes qui révèlent le fond secret de votre Nostalgie.
F: ..oui je suis un poète bléssé et mélancolique...
L'Abbé:Mélancolique? Comme un loup solitaire hurlant la nuit au clair de lune dans les bois noirs votre désespoir du remplacement des belles biches effarouchées, des petites poulettes qui caquétent par des truies bien découplées et des juments chercheuses en sciences sociales.
F: L'abbé vous êtes impayable! Mais le pire c'est que les truies ont de gros derrières roses et les juments de longues croupes musculeuses qu'elles exhibent sous la protection de la Gestapo ni pute ni soumise.
L'Abbé:vous n'êtes, mon fils, qu'un incorrigigle libertin!
F:repenti, Mon Pére, repentant, pénitent, je battis ma coulpe, mea coulpa, mea coulpa, mea maxima coulpa, dans un poème que vous appréciez je crois, taedium vitae.
L'Abbé:Quiamdiu tui plenus non fum,gravis mihi fum..
F:ah ouais?
L'Abbé:"quand je ne suis pas plein de Dieu, je suis à charge de moi-même". Car votre poème est beau mais je n'y ai aperçu ni repentance, ni contrition, mais lassitude, peut-être amertume. Pénitent certes, car il n'y a"rien" dont vous tâchiez de remplir le vide infini de votre coeur. L'actuelle Gynécocratie vous pèse et vous lèse, qui scelle la disparition de l'Archétype de la Femme Originelle: alors vous tirez votre révérence.
F: Hé, l'Abbé, l'âge, l'âge qui vient..
L'Abbé: L'âge? quel âge? Le vôtre? certainement pas, car vous n'auriez jamais "cédé au régne des femmes, le sceptre de votre frénésie", pour vous citer, mon fils, si vous n'y étiez contraint, par la Gestapo féministe si vous voulez, c'est à dire par la gynécocratie triomphante. Le régne de Kaali, Déesse de la Dissolution et du Sexe, le Kali-Yuga, la phase terminale du dernier âge, l'Age Sombre .
F:Je n'arrive pas à comprendre comment vous un Prêtre Catholique, même excomunié, même apostat, pouvez continuer à embrasser votre Foi en épousant les théses guénoniennes, évoliennes ?
L'Abbé: Parce que cher fils, elles reprennent la distinction classique d'Aristote, entre la Forme et la Matière. Forme et Matière sont les manifestations des deux grands principes métaphysiques primordiaux, le Principe Viril, solaire, le Principe Féminin, des Eaux.
F: La perpétuelle humidité de la femme...
L'Abbé: Plûtot la Substance indifférenciée, la vie antérieure à toute forme, à l'etat "libre". Notre époque est un âge de nivellement, d'indifférenciation, de submersion du Pôle masculin par les eaux corrosives amazoniennes.
F: la fin du Politique, de l'ordre, de la régularité, de la consistance, de l'unité, du principe de réalité, de l'individuation, du mérite, de la justice, de la Beauté , de la rigueur, de la science, de l'excellence et de l'exactitude. A la place régne du psychologisme, de la moraline, du sentimentalisme, de l'hystérie, culte du corps, des stars, du cinéma, homo festivus, de la mode, du clinquant, du toc, de l'exotique, de la pensée magique, des magazins, des femmes...
l'abbé:et dans la modalité de la relation intime, mon fils, la femme domine maintenant l'homme en tant que celui ci devient esclave des sens et simple instrument de jouissance pour elles. Les eaux dissolvantes et souterraines imprégnent le principe viril et le dégradent au plan phallique.
F: Je vois ici, monsieur l'abbé, une loi dialectique: la contrepartie inexorable de la féminisation du spirituel, par compensation, fait déchoir la virilité dans une matérialité grossièrement phallique...phallus dégradé en simple objet de plaisir manipulable...
l'abbé: Ce spectacle pitoyable des hommes qui portent leur virilité en sautoir, qui en rajoutent sur les attributs d'une masculinité ostensible, barbes de trois jours, vêtements de cuir, propos de rustaux proférés d'une voix de rogome , des opinions exagéremment plébéiennes...
F:et cet étalage de caractéres sexuels secondaires du mâle est en proportion exacte de l'amoindrissement intérieur de leur virilité..
l'abbé: comme les crustacés, carapace dure, chair molle... L'exact contraire du gentilhomme d'ancien régime, policé, raffiné, maniéré parfois, mais avec une dague acérée sous les dentelles et capable de vous rentrer trente pouce d'acier dans le ventre..
F: au lieu que, sentimental abbé, nos"machos"d'apparat, affectent une virilité festive, toute en devanture, pour complaire au désir hystérique, puisque contradictoire, de leurs compagnes voulant dominer dans la vie (fantasme de toute puissance des femelles du cinéma) mais voulant être dominée au lit. Ce ne sont que des mâles domestiques esclaves de ces femelles. Ils s'attachent, pleurnichent, ne savent pas créer une distance.
l'abbé:distance nécessaire pourtant. En tout cas pour la Femme de la Tradition, pour qui l'amour:"ce n'est pas seulement le dévouement, c'est un don total de corps et d'Âme, sans restriction, sans nul égard pour quoi que ce soit; elle aurait peur tout au contraire, elle rougirait, d'un abandon sous condition, lié à des clauses .C'est cette absence de condition qui fait de son amour une Foi: la seule qu'elle ait...un homme qui aime comme une femme devient un esclave; au lieu qu'une femme qui aime en femme n'en devient que plus parfaitement femme." Friedrich Nietzsche.
F: Voilà ce qui ma toujours manqué!!
l'abbé: une pareille femme?
F: non un tz!
L'Abbé: probablement, mon Fils, mais l'impossibilité quasi ontologique, dans notre époque opaque de l'existence de tels caractères magnifiquement féminins fait de votre existence, celle des natures baudelairiennes, et celle des "Don Juan", un enfer de solitude..Vae Soli.
F: C'est l'horrible vérité. J'avais pensé, l'Abbé, à écrire une nouvelle, oû Satan jugeant le monde suffisamment à point pour humilier l'orgueil indomptable de Don Juan , le renvoyait sur terre. Peut on imaginer pire pour des types comme Baudelaire ou Don Juan: revivre à notre époque? Mais pour moi vous exagérez, j'ai fait le choix d'une vie sereine, je me tiens à distance et en dehors de la farce, qui n'est plus à tout prendre qu'une simiesque compétition sexuelle.
L'Abbé:Sage conduite: notam facmihi viam in quâ ambulem,quia ad te levari animam meam.
F:Amen.

jeudi 19 juin 2008

rivière d'étoiles d'onyx

oeuvres de Laurent Laveder




Tombées de la Lyre et du Cygne

Dessus votre gorge de Nixe

Nymphe volage au coeur de cygne.

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